Dans la Stub avec… Manon Ehrhart

Manon Ehrhart, Responsable des espaces verts de l’Écomusée d’Alsace pour la troisième saison, nous parle de l’entretien quotidien du site, en lien avec les enjeux environnementaux d’aujourd’hui. 

 

Manon, le musée s’étend sur plus de 25 hectares, dont 10 pour le village. Comment faites-vous pour entretenir les espaces naturels et végétaux du site ?

« Nous sommes une équipe de quatre jardiniers, et nous nous occupons principalement de toute la partie village du musée. Il s’agit de planter, arroser, tailler, désherber… Toute l’équipe travaille sans relâche tous les jours, avec l’aide de certaines corporations de bénévoles :
- Celle des jardiniers, dont certains prennent en charge un petit potager de maison et s’en occupent, des plantations aux récoltes. Ils nous viennent aussi en aide pour des opérations plus ponctuelles, comme les préparations des géraniums ou des bancs fleuris en été.
- La corporation des naturalistes intervient avec nous de temps à autre, comme pour notre médiation dans les jardins, afin de les présenter aux visiteurs.
- Les arboriculteurs entretiennent et mettent notamment en valeur tous les arbres fruitiers, dans le village ou le verger conservatoire, à proximité des champs.
- Enfin, la corporation des agriculteurs intervient dans les champs, avec la réalisation de plantations comme des légumes ou des céréales cultivés au début du XXème siècle, et la mise en place de notre parcours du Théâtre d’agriculture.

Enfin, deux jours et demi par semaine, un chantier d’insertion est organisé sur le site  en partenariat avec l’INSEF. Les personnes présentes nous accompagnent dans les travaux d’entretien comme la tonte ou l’élagage. Cela est très varié ! »

Comment choisissez-vous les plantes et fleurs qui ornent le musée ? Y a-t-il des critères de sélection ?         

« Dans un premiers temps, il y a un objectif ornemental, avec une réelle attente de beaux espaces jardinés. Nous choisissons de jolies fleurs, de belles couleurs et des parfums délicats. Il y a aussi une dimension plus utilitaire de la végétation. Selon les jardins, vous trouverez des plantes utilisées lors de nos animations en cuisine : des aromatiques connus encore aujourd’hui, mais aussi des plantes utilisées dans le temps par nos grands-parents et arrières grands-parents, comme le raifort, la pimprenelle ou la bourrache, et dont l’utilisation est parfois devenue désuète. Dans d’autres jardins, vous retrouverez des plantes avec un intérêt médicinal (la chélidoine ou la pulmonaire) ou tinctorial (la garance notamment), certaines insolites comme l’absinthe, la saponaire et la guimauve.

Il y a aussi l’intérêt d’utiliser des plantes qui sont intégrées à nos paysages alsaciens. Elles sont habituées à notre climat, et cohérentes avec ce que l’Écomusée d’Alsace représente. Nous évitons ainsi les cactus et les palmiers ! »

L’Écomusée d’Alsace présente les Arts et Traditions populaires de la région, en matière d’architecture, d’artisanat, dans sa programmation… Est-ce aussi le cas dans les jardins du site ?   

« Oui, c’est aussi le cas ! Nous essayons notamment d’associer le jardin à la thématique de la maison. Par exemple, le potager attenant à l’école du village va être davantage élaboré puisque le maître d’école est plus érudit et aura peut-être connaissance de variétés un peu plus originales. Une maison d’origine plus ancienne aura un potager avec des variétés de légumes également plus anciennes. À la Tour Forte, qui date du Moyen-Âge, nous avons recréé des jardins moyenâgeux : vous retrouvez d’un côté le jardin monastique, de l’autre le jardin de type renaissance. Nous adaptons donc aussi nos jardins aux traditions populaires de la région ! »

 

Depuis 2014, le musée souhaite participer aux réflexions sur les grands enjeux de demain. Comment cela se présente-t-il dans les jardins ?  

« Cet enjeu est très important pour les jardins du musée aussi ! Il y a un réel enjeu environnemental aujourd’hui. L’Écomusée d’Alsace travaillait depuis longtemps en lutte raisonnée, avec des produits chimiques de manière exceptionnelle. Depuis 2015, nous n’utilisons plus aucun produit chimique. Nous nous relançons ainsi dans des méthodes connues de nos anciens, avec l’utilisation de plantes pour soigner les plantes, comme le purin d’ortie qui sert d’engrais et de répulsif, ou la décoction de tanaisie, pour lutter contre les pucerons. C’est plus favorable pour le sol, la faune et la flore locales ! Cela permet de préserver les abeilles et autres polinisateurs, parfois mis en danger.

Nous mettons aussi en avant des plantes adaptées à notre région et notre climat, avec de bonnes associations plantées côte à côte au potager pour favoriser le développement, la croissance et la résistance des plantes entre elles. Elles se protègent ainsi des maladies ou des insectes nuisibles : c’est le cas des soucis avec les choux, ou des œillets d’Inde avec les tomates, par exemple. Vous pouvez bien sûr faire de même chez vous !

Nous travaillons enfin en lien étroit avec les naturalistes et les arboriculteurs du site, qui créent des refuges pour la biodiversité et des hôtels à insectes. Ce sont de bonnes choses pour notre environnement, et nous en parlons avec plaisir à nos visiteurs. Nous vous donnons d’ailleurs rendez-vous dès le 1er juin pour notre animation de présentation des jardins, qui aura lieu tout l’été ! »


 

© Crédit photo - Ecomusée d'Alsace

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