Dans la Stub avec… Jacques Fuchs

Jacques Fuchs, bénévole à l’Écomusée d’Alsace depuis 4 ans. Les airs entraînants de ses instruments à cordes résonnent régulièrement dans l’atelier de lutherie ou dans le village, pour le plus grand plaisir des musiciens et danseurs en herbe !

 

Bonjour Jacques. Vous êtes le luthier du musée. Qu’apprenez-vous aux visiteurs qui poussent la porte de votre atelier ?        

« Lorsque les visiteurs poussent la porte, 95 % d’entre eux n’ont jamais vu d’atelier de lutherie : ils ne sont pas musiciens, n’ont pas forcément d’enfants qui font de la musique. Ils sont donc souvent surpris ! La plupart sont très contents de découvrir des instruments, lorsque je suis en activité au sein du musée : généralement quatre après-midis par mois. Je n’ai pas l’occasion de travailler devant eux à proprement parler, je leur présente plutôt le fruit de mon travail. Même si je le voulais, je n’aurais pas le temps de travailler dur car j’ai des échanges permanents avec les visiteurs durant tout l’après-midi !

En fonction de ce que je réalise chez moi, je ramène certains éléments : des instruments en entier ou en cours de rénovation ou de fabrication. Selon les jours, les visiteurs peuvent donc voir différentes étapes du travail de luthier. La plupart du temps, ce sont quand même des instruments finis que je fais sonner pour qu’ils puissent profiter des drôles de sonorités produites par mes instruments insolites ! J’ai fabriqué deux basses de viole de gambe, un instrument de l’époque baroque, et j’ai affiché son plan de réalisation sur le mur de l’atelier, pour que les visiteurs visualisent un instrument rare.

Suivant l’intérêt du public, je lui apporte des informations plus poussées sur le métier de luthier, les outils, et je joue de la musique. En général, je présente trois instruments, dont deux que je fabrique de A à Z : la basse de viole de gambe, avec le plan et la réalité en 3D, le « nyckelharpa », un violon à clavier. Et aussi les violons que je récupère, rénove complètement et transforme, en fonction de leur état de base.

Je me suis spécialisé dans le « violon d’amour », un violon à huit cordes au lieu de quatre, et le nyckelharpa. Ces instruments possèdent des cordes de résonance qu’on appelait, à l’époque baroque, des cordes sympathiques. On n’avait pas encore inventé les hertz ! Ils résonnent sans que je les touche : c’est uniquement avec la vibration que provoque mon jeu. En France, nous ne sommes pas beaucoup de musiciens à en jouer, et nous ne sommes que trois luthiers ! »    

 

Comment avez-vous fait la découverte de la lutherie, et comment avez-vous été amené à fabriquer et réparer de tels instruments ?

« J’ai commencé par faire de la musique traditionnelle à l’âge de 19 ans, en autodidacte. À côté de ça, mon projet professionnel de départ était d’être éducateur, puis éducateur technique. Pour exercer ce métier, j’ai fait une Formation Professionnelle pour Adultes de menuiserie, puis j’ai travaillé trois ans chez des artisans. À ce moment-là, j’avais donc dans ma besace des compétences de musicien et de menuisier.

Ajoutons à cela une anecdote : des copains m’avaient offert un instrument en mauvais état. J’ai alors eu l’idée de fabriquer des choses par moi-même.

Après 3-4 tentatives de fabrication d’instruments de « débutant », j’ai décidé de me former à la lutherie, à l’âge de 32 ans. Je ne pouvais plus entrer dans l’école de lutherie française et, plutôt que d’aller dans une école étrangère, j’ai monté ma propre formation. Je l’ai présentée à un fonds d’assurance de formation qui a accepté ma reconversion professionnelle. Pendant 30 semaines, je me suis alors formé auprès de luthiers sur les trois instruments suivants : la basse de viole de gambe, le clavecin et la cornemuse. Après tous ces échanges, j’ai finalement poursuivi ma vie professionnelle dans le social et le socioculturel, tout en pratiquant la lutherie à la maison le soir et les week-ends… jusqu’à ma retraite, il y a quatre ans.

Depuis, je me suis installé en tant qu’auto-entrepreneur et, en démarrant mon bénévolat à l’Écomusée d’Alsace, j’ai proposé d’ouvrir un atelier de lutherie qui a ouvert ses portes en 2017. C’est une passion, car je n’ai jamais arrêté de fabriquer des instruments chez moi ! »    

  

Jouez-vous des instruments que vous fabriquez et réparez ?

« Je joue de nombreux instruments, mais essentiellement du violon d’amour, du nyckelharpa, de la cornemuse et de la vielle à roue, instrument en forme de luth avec un clavier au-dessus et une roue qui frotte les cordes pour les faire sonner. Je joue dans sept groupes de musique !

Avec tous mes amis musiciens, nous avons monté une association, Stockbrunna, et nous avons créé une rencontre annuelle de musiques traditionnelles à Lautenbach, en 1983. Elle vient de fêter sa 34e édition ! Jean Hueber, organisateur du Folk’Estival de l’Écomusée d’Alsace, y a rencontré certains groupes, dont certains des miens. Nous jouons donc de temps en temps au musée à cette occasion et, cette année, je vous donne rendez-vous le 1er septembre pour écouter la musique bretonne que nous jouons avec Gabal & Cie, et le 2 septembre pour découvrir le répertoire irlandais de Slow Irish Tunes ! »

 

 

 

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